l’univers menaçant est penché
sur eux ils prêtent l’oreille tombent
au fond d’eux-mêmes n’ont ni chair ni
sang font corps avec le tombeau la
nuit tout n’est qu’ankylose et garrot
et leurs membres deviennent immenses

ils s’enfoncent dans le vide dans
un million de fourmillements ils
sont là n’y sont plus perdent pied lièges
flottants ludions partout naissent des
tempêtes la peur s’empare d’eux

leurs yeux sont pleins de phosphorescences
leur poitrine n’est plus qu’un trou d’air
ils émergent sombrent à nouveau
reviennent coulent et disparaissent
leur cœur avide aspire au vide ils
ne savent plus d’où vient leur vertige