tant de mains de gens tant de
jamais de visage humain
courbé tendrement sur eux
jouer dans les coins sombres ils
sont toujours seuls seuls ils veulent
rester seuls dans leurs coins sous

le lit sous le lit dans les
odeurs proches sous la table
les armoires pleines obscures
voluptueux ils dévorent
des citrons verts ils les sucent
puis enflamment les tapis

souvent malades connaissent
ce goût fade lait à fleur
d’oranger trop parfumé
que donne la solitude
saveur atroce que leur
amour pour le seul silence