ils ont besoin de prendre en main les formes naturelles
irritent leurs joues au grain rêche des rochers de grès
ramassent avec anxiété dans les grands vents des aubes
d’automne les formes rondes et dures des marrons
qu’infiniment ils enferment dans leurs doigts serrés comme
des nourrissons contemplent sans lassitude les jaunes
divers des feuilles mortes de châtaigniers aspirant
jusqu’à l’asphyxie les odeurs doucereuses moisies
des enveloppes noires tombées à terre des noix
caressent longuement la soie des poils de chats
sucent dans leur bouche des galets polis n’en finissent
jamais de mâchonner les vrilles acides de la vigne
laissent couler du sable tiède entre leurs doigts fermés
enfoncent leurs pleines mains dans les boues chaudes d’odeurs
de tout cela ils ont besoin pour comprendre le monde