parfois la nuit se promènent dans les champs
de pauvres touffes d’herbe jaillissent d’un
sable jaune quelques maigres bouquets d’arbres
de vagues clartés semblent guider leurs pas
des lièvres filent entre leurs jambes deviennent
loquaces la lune est comme l’obus du
canon des anciennes cheminées d’usines

impressionnés par le silence nocturne
la forme fantomale des choses les
couples qu’ils dérangent souvent le long des
palissades ils parlent de leur vie se
racontent vite si vite que rien n’en
demeure compréhensible les oiseaux
nocturnes seuls partagent leurs monologues